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ATELIER
de MODÈLEs VIVANTs
L’atelier de Mirella,
comment ça marche ? C’est fini ? pas tout à
fait : on regarde, ensemble, tout le travail de la séance. Des œuvres
les plus abouties aux « poubelle ! ». C’est l’habitude de ce regard, à
plusieurs, critique et bienveillant à la fois, qui fait de cet atelier
un laboratoire, qui tisse des liens entre les différentes approches,
qui crée les confrontations et les influences.
les modèles depuis 1984 Aïchouche B, Alexandra L, Alexandre F, Alice G, Amélie G, Anaïs W, Anne C, Anne L, Annick S, Annie B, Audrey S, Aurélie G, Aziz S, Bernal S, Betty, Brigitte C, Bruno L, Carole L, Caroline A, Caroline C, Caroline S, Catherine A, Catherine L, Cerisette, Chantal L, Chérifa, Christian, Christine M, Claudia, Corinne A, Corinne O, Cyrille Z, David M, David P, Emmanuel FL, Eric B, Evelyne C, Fabienne G, Fabienne L, Fabrice D, Fandor, Florence L, François PC, Frankie P, Gabriel S, Gaëlle D, Garance, Geneviève B, Gérard G, Gilles L, Grégory B, Henri K, Hervé D, Hervé S, Isabelle D, Jacques C, Jaques D, Jean P, Jean-François D, Jean-Marc T, Julie B, Keïty A, Laetitia, Laure B, Laurence, Laurence M, Laurence N, Li K, Lionel R, Louis F, Lucie B, Mahayane, Malena H, Marc L, Marc V, Marcello, Maria M, Maribel A, Marina C, Maristela T, Maxime Z, Mickael C, Mirella R, Monia, Monika R, Myriam, Myriam R, Nathalie G, Nathalie N, Nathalie O, Nathalie R, Noémie K, Olivier L, Pascale R, Pascaline D, Patricia, Patrick B, Peggy V, Philippe LM, Rodion P, Sabine, Saliha, Sandrine B, Sandrine B, Sandrine M, Saori, Sévane S, Séverine T, Sonia M, Sophie H, Sophie L, Sophie M, Sophie S, Stefania C, Stéphane G, Stéphanie G, Sybille de L, Sylvie R, Tamara MV, Veronique W, Virginie E, Virginie S, Yann C, Yolande M. et
"Souvent, je choisis un point fixe, un petit défaut dans le mur ou le plafond, et j'y accroche mon regard, comme un fil tendu à ce point d'ancrage qui m'aide à rester immobile, telle une statue vivante. Je pose, je me pose. Rapidement, dans cette immobilité me vient une envie de bondir, je me sens comme au départ d'un sprint. Le voient-ils, pendant qu'ils dessinent ou me peignent ? Leurs regards sont d'une autre nature, d'une autre forme. Ils passent leur temps à dire oui de la tête. Quelques secondes sur le dessin, un petit mouvement du cou, quelques secondes vers moi, retour vers le dessin, inlassablement. Chacun à sa manière, à son rythme, le sourcil froncé, le menton studieux. On dirait qu'ils voient tous quelque chose de différent. Je voudrais pouvoir les observer attentivement, mais l'immobilité de la pose m'en empêche. Nue. Sans artifice, sans masque, sans parure. Fragile comme un bébé, et parfois joyeuse, forte aussi. Je choisis une pose, je leur donne mon corps à regarder, à interpréter, à recomposer, à traduire. J'écoute. J'entends des bruits qui émergent doucement du silence, des bruits de chaise ou de respiration, une feuille qu'on déplace, le crissement des crayons sur le papier. Ce bruit là, surtout ce bruit des crayons qui grattent, un peu comme s'ils grattaient ma peau. Il me stimule et me nourrit. Je me demande ce qu'ils vont faire de moi. Ce qu'ils prennent de moi. Parfois ce sera la lumière de la peau ou le noir des cheveux, pour un autre l'attitude, pour une autre un fragment singulier, comme la jointure des épaules ou du cou, un déhanchement, une tension dans le dos ou une jambe relâchée. Dans ce silence, un peu de moi se dépose doucement sur le papier. Vraiment, je me demande ce qu'ils vont faire de moi..." Serge, avec le précieux concours de Naïma
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